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  • Alejandro Guerrero

Chocolat dans tous ses états


Le groupe québécois Chocolat a vu le jour en 2007, lorsque Jimmy Hunt décide de former un groupe avec des membres de Demon’s Claws et Cockroaches. Cette même année, ils sortent un EP intitulé Chocolat, un album de style garage et au son crunch. Leur deuxième album, Piano Élégant, sort en 2008 avec l’étiquette Grosse Boîte. Comme son nom l’indique, il est beaucoup plus doux aux oreilles, mais le groupe ne perd pas de sa magie. Le disque est sélectionné à l’ADISQ ce qui reflète bien leur évolution. Leur troisième album, Tss Tss, a également fait réagir les critiques avec son rock fuzzy et spontané.


Je crois qu’il est impossible de mettre une étiquette sur leur son, puisque leur approche musicale va dans toutes les directions inimaginables. Leur catalogue flirte avec la pop rétro et le psychédélique, avec un brin de progressif et de krautrock par moment. Leurs albums sont vraiment imprévisibles et les paroles de Hunt sont amusantes et profondes.


Après une absence discographique de 3 ans, le groupe est finalement de retour. On nous présente Jazz Engagé, un album des plus éclatés.


Seulement avec la présentation de la pochette, on peut comprendre que ce disque sera sûrement plus sombre et effrayant que son prédécesseur, même si le single Fou, fou mon minou annonçait un album aux allures funk et disco. Après avoir écouté ce disque, je peux vous rassurer que je n’ai jamais été aussi agréablement surpris.


Avec Jazz Engagé, on s’engage (désolé pour le jeu de mots) dans une série de chansons aux sons distordus et des concepts inhabituels, les uns plus détraqués que les autres. Les guitares aux sons psychédéliques sont au rendez-vous ainsi que les synthétiseurs des années 80. Il est difficile de traduire l’état de choc que l’on ressent lorsque l’on écoute l’intégralité de ce disque pour la première fois. Le groupe porte bien ses influences, on entend parfois un peu de Velvet Underground et de Black Flag dans le son punk des guitares. La chanson Bonjour Chocolat est une sorte de medley. On y retrouve toutes sortes d’instruments et d’idées qui s’entrelacent les unes avec les autres. Elle offre un mélange de genre, une sorte de combinaison entre le progressif, le rock alternatif et le punk. Cette fois c’est la bonne semble être tout droit sorti d’un album des Rolling Stones. On est complètement submergé dans le rock’n’roll des années 70. Avec So Sorry, on nous assomme avec une superposition de claviers et une mélodie contagieuse. Le piano est prédominant dans plusieurs chansons et devient un vrai atout artistique. On baigne aussi dans le disco et, la plupart du temps, le coup est réalisé avec succès.


Que dire des paroles du chanteur qui, dans le single Fou, fou mon minou, se proclame ceinture d’or en poésie. Hunt ajoute beaucoup d’humour dans ses textes, et l’on remarque rapidement son amour pour l’autodérision et le surréalisme. Il nous parle ici de ses expériences d’enfance, de ses troubles d’artistes, de sa haine envers différents sujets et de son parcours artistique. Âmes sensibles s’abstenir ! L’artiste devient très graphique par moment et le résultat peut vous prendre par surprise. Ses paroles sont choquantes et il nous livre une performance authentique et crue.


Des rythmes effrénés, des refrains accrocheurs, une voix vibrante et puissante, vraiment, je suis sans mots devant la grandeur de ce disque. Un vrai bordel sonore !


Coups de cœur : Être un artiste, Jazz Engagé, Devil c’t’à tout le monde, Moutarde choux/Beurre de pin, Rock & roll pour toi.

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