Entre le document et la fiction

Dernière mise à jour : 9 juin

Immersion dans le monde photographique d’Elizabeth Landry.


Elizabeth Landry est une jeune photographe de 22 ans. Tout juste diplômée de l’Université Laval en Arts visuels et médiatiques, elle est aussi lauréate du Prix René-Richard ainsi que récipiendaire du prix offert par le centre photographique VU. Les reconnaissances qui ont été attribués à cette artiste s’articulent autour de cinq ans d’études en arts visuels.


Sa démarche

Son travail s’inscrit dans la quête de référents photographiques marqués par l’immobilité qui apaise le système limbique et qui interpelle le lobe frontal. Landry s’intéresse à la frontière qui est parfois mince entre mise en scène et réalité. Par la photographie argentique, l’artiste sème le doute entre l’instantanéité et la mise en scène ainsi qu’entre le réel et la fiction.

Ses images, produites à la chambre photographique et ensuite retravaillées numériquement revendiquent une filiation photographique, cinématographique, ou picturale, misant sur l’effet de charge culturelle maximale qu’elles sont censées produire. L’angle d’approche de son activité créatrice s’effectue autour d’une confrontation entre différents espace-temps dans une même photographie. Son usage du noir et blanc participe à l’inscription temporelle de ses images.


Guidées par une pulsion de la découverte et agrémentées par la notion de coïncidence, certaines de ses images témoignent d’une expérience performative. Dans ses compositions, elle construit un univers narratif dans lequel les personnages évoluent dans une fiction, dont elle conserve toujours la clé. De cette manière, l’énigme reste entière. C’est donc au spectateur de discerner l’avant et l’après de l’image afin de l’intégrer dans un récit.


Elle exploite des lieux et des décors qui, dans l’œil de la caméra, participent à la création d’un caractère anachronique. Ces images ont pour but de provoquer chez celui qui regarde un sentiment d’une inquiétante étrangeté. Les espaces mis en lumière paraissent habités, comme s’ils étaient constitués d’une sorte d’altérité pouvant agir sur les personnages représentés. Ainsi, le monde est pris au jeu de la perception qu’Elizabeth a de lui (Dionne, Landry, 2022).


Son travail, très particulier de par son processus, se démarque spécialement dans cette présente ère de l’instantané. Le choix du médium argentique de grand format représente l’antithèse de la pollution photographique et visuelle qui découle de l’usage abusif de nos téléphones intelligents devenants toujours plus performants et qui éliminent la possibilité de pratiquer la photographie consciente.


Exposition des finissants

Son plus récent travail, une série de photographies argentiques de format quatre par cinq est exposé au pavillon de La Fabrique de l’Université Laval jusqu’au 10 juin 2022. L’Exposition des finissantes est accessible par les ascenseurs situés près des portes du 295, boulevard Charest Est. Les heures d’ouverture sont de 12h à 17h et ce, à tous les jours.

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